Chaque année depuis dix ans, il y a moins de jeunes médecins généralistes qui s'installent, de sorte qu'il y en a aujourd'hui moitié moins en exercice qu'en 1997. Leur revenu a reculé de 10% et ils gagnent un tiers de moins que la moyenne des spécialistes. Quelques-uns arrivent à s'en tirer grâce à l'informatisation de leur cabinet. Dossier médical électronique, prescription électronique, logiciel de suivi des pathologies chroniques, courrier administratif scanné, gestion électronique de la comptabilité. Ayant massivement réduit leurs frais de gestion, ils reçoivent moins de patients, plus longtemps: 30 minutes. Cliquer pour en savoir plus.
Il s'agit d'un récit américain (WSJ 23 février 2007). Ces cabinets composés d'un médecin seul sans secrétaire s'appellent aux États-Unis des "micropractices" uniquement pour leur taille, sans jeu de mot sur le terme micro-ordinateur ; il y a de nombreux micropractices, et seul un nombre très très faible est passé au tout informatisé. En revanche, leurs patients sont plus satisfaits. Les médecins peuvent prendre le temps de travailler avec eux sur la qualité de leur auto-gestion (ont-ils compris les instructions, quels problèmes ont-ils dans le suivi...). Les médecins peuvent mieux répondre au téléphone, glisser un rendez-vous non programmé, et n'ont pas le sentiment de pression constante. Ce ne sont pas des médecins fous de l'informatique. Ce sont des médecins qui ont réalisé qu'ils ne pouvaient plus exercer correctement leur métier, dans une situation "d'abattage" où les rendez-vous durent moins d'une demi-heure, afin de couvrir les frais de gestion.
C'est une nouvelle petite tendance américaine et qui peut évidemment nous intéresser en France. Une fondation américaine a mis en place des programmes pour aider les médecins volontaires dans ce type de reconversion. Une nouvelle cohorte se lance en avril 2007.
Y a-t-il des preneurs en France ? ;-)

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