La Une du Parisien , "Je me soigne sur Internet" vous a peut-être échappé si vous n’êtes pas abonnés à la version papier. De même, la suite de l’article sur la 2 et la 3 en entier, dont le titre "Pour se soigner, les Français se ruent sur Internet" n’est pas moins aguicheur pour le citoyen lambda ni moins agaçant pour le professionnel de santé . Le 21 février, le Monde publie "Internet interpelle les médecins". C'est quasiment deux fois le même modèle d'article quant au contenu.
La presse traditionnelle confirme (enfin) que les Français utilisent Internet pour se renseigner, voire pour échanger et dialoguer à propos de la Santé, parce que, et c'est bien normal, il est impossible de tout apprendre au cours d'une consultation. A ce titre, Silber's Blog vous parle régulièrement de la fin du modèle hiérarchique, mono-source de l’information médicale. Alors, pourquoi ces articles tombent-ils maintenant? Ils font suite à l'annonce (déjà ancienne) par la HAS qu'il va y avoir en France une forme de certification des sites de santé, sujet que Silber's Blog suit de très près...
N'empêche que c'est tout à fait intéressant de faire une exégèse socio-culturelle de ces deux articles. Le titre du Parisien est d’ailleurs inexact, puisque l'article n'explique ni comment des gens se sont déjà soignés sur Internet, ni comment ils vont se soigner, car en fait personne ne se soigne par Internet. À l’aide d’interviews, il fait le simple constat de l'usage que font les Français de l'Internet, même les Français qui n'ont pas d'ordinateur, parce qu'il y a toujours quelqu'un autour d'eux qui en a un.
Commentaire : Silber's Blog peut vous dire que les recherches scientifiques visant à démontrer que des informations fausses trouvées sur Internet avaient pu nuire à la santé des particuliers ont toutes échoué. Pourquoi ? Le consommateur sait s'y prendre. Le souhait de fond du patient est de trouver des informations qui lui permettront d'être un meilleur interlocuteur de leur médecin. Or notre système de soins ne favorise pas le dialogue que de nombreux patients recherchent au cours d'une consultation. 1) Il faudrait ajouter au moins 30 minutes à chaque consultation, pourque le médecin puisse comprendre ce que le patient sait sur un sujet et compléter cette connaissance. 2) La formation initiale du médecin ne comprend aucune formation au dialogue avec le patient. 3) Le moment où le diagnostic est annoncé n'est pas toujours propice à l'intégration de toutes les informations. Espérons que, l'Internet révélant ces lacunes, nous pourrons -- après les élections présidentielles, n'est-ce pas… -- repenser l'organisation de l'offre de soins, et éventuellement faire intervenir d'autres relais permettant de combler les lacunes de la consultation en termes de temps consacré à l’information et à l’éducation.
Nota Bene : je salue au passage le travail de notre ami le Dr Dupagne, reconnu, une fois de plus pour son site comportant des forums remarquables et remarqués http://www.Atoute.org

Abonnez-vous à ce blog
Commentaires