Silber's Blog vous a parlé --- depuis toujours --- du départ de Richard Granger de son poste du chef de tout le projet informatique du NHS, homme controversé depuis son premier jour. Et bien, chers Amis, Granger est bel et bien parti. Et qui plus est, il ne sera pas remplacé. Mais ce n'est pas inintéressant d'évoquer le projet brittish au moment où paraît le rapport Door. Beaucoup de Français pensent que le mandat de Granger était réservé à un DMP à l'anglaise...c'est inexact...Et ce programme permet de mieux comprendre ce que l'on peut penser après lecture du rapport Door. La situation ici n'est guère enthousiasmante.
Le programme anglais comprend l'infrastructure des échanges, l'annuaire électronique de tous les professionnels, la prescription électronique transmise de la consultation à la pharmacie, la prise de rendez-vous à l'hôpital, par les médecins hors hôpital, un outil localisable de référentiels nationaux, etc. etc. Et plusieurs de ces chantiers sont déjà en place au Royaume-Uni, rendant probable l'aboutissement de l'ensemble du projet, même si ce sera plus long et plus coûteux que prévu.
Comparons cela à la situation française, où nous ne sortons pas des starting blocks, pour plusieurs raisons. 1) La première raison est de loin la plus bloquante : nous sommes entièrement suspendus à la problématique de la propriété des données...Cela saute aux yeux à la lecture du rapport Door. Et ceci est un conflit de fond. "Propriété du patient" conduit à "masquage du masquage" ce qui conduit au refus des professionnels de santé de porter la responsabilité médicale dans le contexte de données structurellement manquantes.
2) La deuxième est l'incapacité de l'Etat de financer l'infrastructure lui-même ou de rechercher des solutions alternatives moyennant des partenariats innovants
3) personne ne sait par quel bout prendre le problème -- ce qui mène à l'éternelle suggestion d'expérimentations et de la multiplicité des dossiers.
Quelle est ma prédiction à ce stade ? La prise en main de l'ensemble par la CNAM-TS: elle a un bon bout des données, elle lance Sophia qui va requerir une coordination informatisée, elle maîtrise la répartition de ses propres budgets; et on a l'impression que quelque part, elle va pouvoir passer entre les gouttes, au niveau du problème de la confidentialité des données.
Au passage, je soumets quelques compléments au rapport Door -- a) Medcom de Danemark est opérationnel. Ce n'est pas un dossier structuré, mais quasiment tous les Danois ont un dossier, il communique entre ville, hôpital et pharmacies et il sert pour règler les problèmes de base: coordination d'entrées et sorties, qualité de la prescription, traceabilité, examens, etc.
b) Israel est considéré comme bénéficiant d'un système informatisé quasi-complet, plus télémonitoring pour pathologies chroniques.
c) Il ne fait pas évoquer Kaiser et Veterans, comme s'ils avaient connu le même (mauvais) sort, car ce serait inexact. L'informatisation des Veterans en tant que tel est un succès; -- et contrairement aux propos récents de Madame Bachelot, cela n'a pas pris 30 ans. Ils ont introduit un mini-dossier "my health-e vets" qui ne sera pas utilisé par les médecins; c'est un dossier pour que les malades puissent être au courant des faits importants. Ils peuvent se permettre cette option, car le dossier pour professionnel est opérationnel.


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Et pendant ce temps VA étonne encore en publiant en logiciel libre son logiciel de dossier patient.
http://worldvista.org/
Rédigé par : Guy_M | 15/02/2008 à 00:17