Eh bien, il n’en est rien ! Une véritable intelligence collective vous dira que la médecine participative répond à un instinct naturel de l’homme et que la Santé 2.0 soulève en Europe une vraie tempête cet hiver ! Les usagers et les professionnels génèrent partout du contenu, même s’ils ne franchissent pas forcément les frontières nationales ou linguistiques. Malheureusement il n’y a pas d’organisation européenne qui étudie sur une même base, année après année, les tendances des consommateurs dans l’utilisation de l’Internet de santé, comme le fait la Fondation Pew aux États-Unis. Cependant, voici des preuves indirectes : pendant l’épidémie actuelle de grippe, la quantité d’information provenant de sources informelles dépasse largement celle des données d’origine officielle.
Dans une étude récente de Manhattan Research Wikipedia est cité comme l’un des sites les plus régulièrement consultés en Europe, par les médecins comme par les consommateurs. L’initiative privée a produit de nombreuses communautés de patients/consommateurs, plusieurs portails majeurs de communautés médicales, des sites de consultation en ligne et bien plus encore.
Mais, tandis que les usagers en général « sont dans le coup », les institutions européennes n’y sont pas. Ce qui est en jeu, c’est l’avenir des organisations et institutions de santé mal préparées et celui des industries de santé réglementées.
En France, le ministère de la Santé a créé début 2009 une page d’accueil formant lien entre trois sites d’information gouvernementaux : le ministère lui-même, l’Agence française des produits de santé (AFFSAPS) et la Haute autorité de santé (HAS), ceci dans l’espoir d’y gagner une visibilité plus grande. Étant donné leur navigation malaisée, leur mauvais classement dans les moteurs de recherche et leur absence d’interactivité, aucun de ces sites n’atteint même une fraction du trafic obtenu par Wikipedia.
· Selon une étude des chercheurs de l’Université de Nimègue (Radboud University Nijmegen Medical Centre - RUNMC) l’usage des médias sociaux par les hôpitaux a commencé en Europe mais reste peu répandu et ne figure pas encore dans la planification de la plupart des établissements. Les hôpitaux hollandais et anglais utilisent l’éventail le plus large des réseaux sociaux parmi lesquels Twitter, Facebook, YouTube et particulièrement les blogs - mais le pourcentage n’est que de 8,13 %. En Suède, 11 % des hôpitaux utilisent des fils RSS et 4 % des blogs. Les hôpitaux espagnols et danois suivent avec plus de 8 % de fils RSS. Si les principaux établissements français ne sont pas encore sur Twitter, leurs critiques le sont !
Là où l’Europe peut vraiment être en retard par rapport aux États-Unis, c’est dans l’adoption des dossiers médicaux personnels établis par les patients. Pendant des années, l’investissement public en Europe a été orienté vers des dossiers médicaux électroniques gérés par l’État et vers des programmes de télémédecine. Et alors que sont apparues récemment des initiatives de dossier médical personnel, souvent en ligne et avec des programmes de prise en charge des maladies, aucune n’est parvenue à une image de marque équivalente à Microsoft HealthVault ou Google Health, ou à une échelle du même ordre.
Cependant, dans le monde de l’Internet, les choses changent très vite, vous le savez.
Où se tiendra Health 2.0 Europe en avril 2010 ? Pour le savoir et pour assister à la conférence, vous allez devoir visiter ce lien.


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